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Parution de "Au point mort"

Publié le par Nathan Berghen

 

Enfin je suis en mesure d'annoncer la parution de Au point mort, le nouveau dialogue que mon alter ego journaliste a conduit avec un interlocuteur issu du monde universitaire, entre la fin de 2018 et l'été 2019. C'était une période bien difficile pour le pouvoir macronien, pris entre la contestation montée d'en bas, avec les "gilets jaunes", et l'incendie allumé d'en haut, avec cette réforme du mode de calcul des retraites dont on se demande un peu ce qu'elle est devenue, à présent, dans un pays désormais contraint de vivre au gré de l'actualité d'une épidémie qui a tout bouleversé. C'est donc le même jeune journaliste que nous avions laissé sur les berges de la Seine, au milieu d'une foule de flâneurs regardant distraitement les étals des bouquinistes, dans En marche arrièrequi revient dans ce livre. Tenu à distance par la grande presse depuis l’épisode précédent (rappelons qu'il avait été prié par son employeur de garder sous le coude l'interview que lui avait accordée une personnalité politique très âgée, retirée des affaires, au sujet des élections de 2017), il cherche à trouver des interlocuteurs qualifiés acceptant de lui parler pour poursuivre son travail d’investigation. À sa place, vous feriez pareil, je suppose ? Mais quand on est grillé dans son milieu professionnel, la tâche est moins facile qu'on ne pense. À moins qu'on ne s'adresse à un autre personnage plus ou moins mis sur la touche dans son milieu à lui ? C'est le pari que fait notre héros en allant dénicher le professeur Straub, un oracle de la sciences politique contemporaine qui avait cru judicieux d'aller offrir services et conseils au candidat Hollande, en 2012, et qui s'était trouvé brutalement remercié une fois ledit Hollande rentré à l'Élysée. Vexé, le bonhomme s'est cloîtré dans sa maison de campagne, quelque part dans le Perche, et a choisi de devancer sa retraite de l'Université de Paris Ouest, tout en essayant de préparer son atterrissage dans une institution étrangère plus accueillante. L'objet du dialogue auquel il accepte de se prêter, c'est le traitement de la crise économique démarrée dans les années 1970 et poursuivie… jusqu’à quand d’ailleurs ? A-t-elle pris fin ? Se continue-t-elle ? Personne ne saurait le dire de manière bien sûre. Or, on peut en être persuadé, même si tout est fait pour nous le faire oublier : les difficultés et les tensions que rencontre depuis plusieurs années le pays ont leur source dans le fruit le plus durable et le plus problématique de cette crise économique qui n'a jamais vraiment connu de point final : le chômage de masse – les presque 4 M de personnes sans emploi, auxquelles il faut ajouter les plus ou moins 3 ou 4 M pour lesquelles l'emploi n'est que partiel, précaire, sous-payé et instable, soit pas très loin de 20% de la population active qui aujourd'hui sont touchés… À travers les réponses apportées à ladite « crise » économique et à ses maux, l’objectif est de revisiter les choix politiques des années 1980 et 1990 – à la fois ceux qui furent de la responsabilité du socialisme de gouvernement et ceux qui s’incarnèrent dans différents courants de la droite et du centre : barrisme, « révolution » libérale, balladurisme, etc. Tout en contribuant, chacun son tour, à faire abandonner l'objectif de combattre et de réduire le chômage, qui fut longtemps l'enjeu majeur de la compétition politique et du débat public, ils ont aussi travaillé, subrepticement, à rapprocher les élites dirigeantes autour d'un plus petit dénominateur commun : le social-libéralisme. Car le macronisme n’est pas sorti d’un chapeau et d’un coup de baguette magique : il est le couronnement d'un long processus de confusions et d'abdications successives. Et l’impasse dans laquelle on se trouve actuellement, avec une équipe dirigeante qui a tenté de piloter des réformes de fond sans avoir la légitimité pour le faire, mais sans avoir non plus de comptes à rendre à quiconque, puis qui s'est trouvée elle-même prise au piège de son prétendu volontarisme réformateur, prend ses racines dans cette phase de redéfinition profonde des missions de l’État et des rapports entre les pouvoirs qui s'est déroulée pendant les années 1975-2005, pour le dire vite. Une impasse dont la crise du covid-19 vient de donner une illustration cinglante. Et qui pourrait, à l'arrivée, coûter très cher à tout le monde, riches et pauvres, jeunes et vieux, citoyens actifs ou citoyens désabusés. C'est un inventaire avant liquidation auquel il est procédé dans ce livre, avec l'espoir  – l'espoir bien mince – de servir d'avertissement. 

J'espère pouvoir proposer aux lecteurs dans un délai raisonnable, avant les débats de l'élection présidentielle de 2022 en tout cas, ce serait bien mieux, le dernier épisode ce qui constituera donc une trilogie. Il nous conduira plus directement dans le bain des officines politiciennes et de la préparation des campagnes et des scrutins. Le titre provisoire est : En Roue Libre

 

Nat Berghen, Au point mort. Considérations sur une crise sans fin (168 p. , broché, 19 euros, ou bien  au format ePub, 8 euros) est à découvrir sur le site de l'éditeur : 

www.editionsdubourg.com

Version Kindle, 8€ également, disponible à l'adresse : www.amazon.fr/dp/B08NWCRYXL

 

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