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En marche arrière

Publié le par Nathan Berghen

Nathan Berghen

 

En marche arrière. Entretiens sur le printemps 2017 (mai 2018)

 

 

Présentation de l'ouvrage paru en mai 2018 :

Nathan Berghen, En Marche arrière. Entretiens sur le printemps 2017

Edition papier : Montrouge, éditions du bourg, 2018 (104 p. 13 €)

Edition électronique : www.amazon.fr/dp/B07CYYS5LH (104 p., 4,50 €)

 

 

Ce dialogue inspiré par les événements électoraux de 2017 met en scène un jeune journaliste et une ancienne personnalité, désormais retirée de la politique active. Cette sénatrice, qui reste anonyme mais dont il n’est pas trop difficile de repérer qui l’a inspirée, incarne à la fois une certaine tradition de sérieux de la vie politique et un courant d’idées, à l’existence longtemps problématique dans notre pays : le centrisme. Malgré sa modération naturelle, elle dresse un constat très sévère : celui d’une véritable confiscation de la souveraineté, à travers un processus électoral vidé de tout enjeu. D’abord par l’éviction programmée du second tour des deux vainqueurs des primaires, à gauche et à droite. Puis par la mise en orbite d’un personnage présenté comme l’homme du renouveau, mais dont la saga a été fabriquée par des médias en mal de sensation, et pour la plupart inspirés par quelques grands groupes industriels – qui ont encouragé si ce n’est programmé la candidature en question.

 

Le texte n’est pas pour autant exactement assimilable à un pamphlet dirigé contre l’actuel président. Il oscille entre 1/ la réflexion historique sur la tradition politique française (dégénérescence du gaullisme, résilience du centre, crise du socialisme de gouvernement, permanence d’une extrême gauche tribunitienne), 2/ l’analyse d’une conjoncture sociale et politique qui est bien sombre, aussi bien pour le contexte pré-électoral, à la fin de la présidence Hollande, que pour les résultats actuellement observables, et 3/ le dialogue philosophique sur la démocratie de masse de l’âge post-moderne… 

 

Son objectif était, si l’on veut, de faire un livre de combat (j’aime bien le mot !), mais qui n’ait pas la sécheresse d’un réquisitoire, et qui soit au contraire suffisamment solide dans ses analyses tout en restant caustique et drôle dans son propos et inventif dans son écriture, afin de retenir le lecteur. Dans un contexte marqué par une très grande lassitude de l’opinion vis-à-vis de l’équipe au pouvoir, à un an de distance des élections de 2017, il me semblait important de faire cette mise au point. L’équipe Macron-Philippe n’a pas réellement connu, en effet, d’état de grâce, malgré les bonnes dispositions que lui ont montrées, d’emblée, certains médias. Pour qui regarde à l’occasion les journaux télévisés, type TF1 ou BFMtv, ou bien qui jette un œil sur l’émission récente qu’une chaîne publique a consacrée au bilan de la première année de la présidence Macron (on y voyait l’intéressé commenter lui-même ses faits et gestes, presque sans contradicteur, au mépris de l’éthique journalistique la plus élémentaire), il n’y a pas de doute que les efforts ne sont pas ménagés pour persuader l’opinion de le chef de l’État sait où il va, qu’il est une personnalité exceptionnelle et qu’il a un destin. Pour ma part, je considère qu’il n’avait aucun titre particulier à occuper cette place et que sa victoire de 2017 est le résultat d’une confiscation de la souveraineté, d’une forme d’usurpation en somme. Cette opinion est à mon avis très largement partagée, et il y a lieu de penser que l’humour sera comme souvent le pire ennemi de ce genre de régime trop préoccupé de son image pour être honnête et trop soucieux de montrer qu’il agit pour être vraiment agissant.

 

Au fil des mois, à mesure qu’il ouvrait de nouveaux chantiers, le nouveau pouvoir à montré un tout autre visage que le côté jeune et moderne par lequel il avait hameçonné les électeurs des scrutins du printemps dernier. Au point que, ayant démarré sans réel état de grâce, il est à présent bien installé dans l’impopularité. Mais il peut désormais être le vecteur d’un violent revanchisme social, qui satisferait le fantasme secret de beaucoup de gens, dans notre pays, tout comme il peut s’user plus tôt que prévu, patiner, et se dégonfler telle une baudruche. Il n’en est que plus important, me semble-t-il, de revenir sur sa genèse et d’essayer de saisir de quelle façon il s’inscrit dans nos traditions politiques.

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